Régions

Tasmanie

Me voilà arrivée à Hobart, en Tasmanie. Pas de diable en vue. Je me dis alors, qu’en montant le Mount Wellington se sera chose faite.  Peine perdue, malgré une vue à couper le souffle de l’île. Ici, il fait plus frais, la ville est entourée d’une flore verdoyante, le paysage est plus vallonné.

Je redescends découvrir la ville. Le temps semble s’être suspendu ici, les habitants, l’activité sont au ralenti. A l’inverse, le temps change rapidement.

Je découvre la place de Salamanca et ses vieux bâtiments, j’emprunte Kelly’s Steps, escaliers vieux de 175 ans et découvre le quartier résidentiel de Battery Point et ses cottages coloniaux.

Je découvre aussi qu’l y a plusieurs paradoxes en Tasmanie. D’un côté l’ouest, où il pleut souvent et l’Est, très sec, avec une moyenne de pluie de 350mm, donc l’obligation pour les viticulteurs d’irriguer.

D’autre part, il y a une forte demande des vins tasmaniens : Pinots Noir, Chardonnay, Sauvignon Blanc, Pinot gris, Riesling sans oublier le Sparkling (35{d1d2504113fe5828f52d2f21f3aa9b2856f8bd2f571ed26311c2a63add288282} de la production totale de l’île) et le Whisky. Des vins très fruités mais avec une acidité harmonieuse. Il s’agit surtout de petits producteurs qui vendent aussi leurs raisins aux australiens. Mais cela dévalue leur travail. Pour une qualité équivalente, 100{d1d2504113fe5828f52d2f21f3aa9b2856f8bd2f571ed26311c2a63add288282} des vins vendus en Tasmanie coutera plus de 15$ alors que pour le « Made in Australia » cela sera environ 10$.

De même, j’apprends au fil de mes visites dans des vignobles, que le tourisme est très important ici, ce que je constate au domaine Moorilla, vignoble situé à coté du célèbre musée M.O.N.A (Museum of Old ans New Art). Les installations : restaurant gastronomique, scène d’événements, tasting room, sont en harmonie avec le paysage. Je profite de quelques heures libres pour le visiter. C’est à l’image de ce que l’on m’avait dit : surprenant et complétement décalé.

Après deux jours passés sur l’île australienne, je décide de repartir sur le continent, direction la Hunter Valley, située en New South Wales. Arrivée à Newcastle, je suis surprise par l’humidité et la chaleur environnante. Sur la route, la pluie se met à tomber, rajoutant un côté mystérieux à cette région. Un ami m’accompagnant me glisse à l’oreille « on se croirait dans Jurassic Park » face à cette jungle tropicale. Je découvre « le pays » des vieux Sémillions, qui acquièrent les caractéristiques du bois avec le temps, sans passer par un élevage en barrique.

Je rencontre aussi ici, l’équilibre entre les syrah fraiches de Tasmanie, et celles plus concentrées de la Barossa Valley. Je suis face à des vins très équilibrés malgré mon appréhension de cette région chaude et humide. J’ai l’honneur de déguster la meilleure Syrah de l’année, élue par James Halliday, au domaine Mac Williams et de déjeuner au domaine Brokenwood, où je constate un phénomène non possible en France : des parcelles mitoyennes de Syrah et Pinot Noir.

Au réveil, je ne sais plus où je me trouve, ni le pays ni la ville. Je suis déboussolée dans mes repères géographiques et sensoriels. Je suis surtout avide de nouvelles connaissances sur cette partie du monde, je ne peux m’arrêter là. Je décide de suivre ma curiosité dans un pays mêlant vins et traditions ancestrales.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *